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Comment remplir une lettre de change (guide complet)

La lettre de change, aussi appelée traite, est un effet de commerce très utilisé en Tunisie pour régler un fournisseur à une date convenue. Mal remplie, elle peut être refusée par la banque ou contestée. Ce guide explique, zone par zone, comment la compléter correctement.

1. Qu'est-ce qu'une lettre de change ?

Une lettre de change est un écrit par lequel une personne (le tireur) donne l'ordre à une autre personne (le tiré) de payer une somme déterminée, à une date fixée (l'échéance), à un bénéficiaire. Elle circule : le bénéficiaire peut la transmettre à un tiers par endossement, ou la remettre à sa banque pour encaissement ou escompte.

Contrairement au chèque, qui est payable immédiatement, la lettre de change est le plus souvent payable à terme : c'est un instrument de crédit autant qu'un moyen de paiement.

2. Qui est qui : les intervenants

Le tireur

Celui qui émet la traite et donne l'ordre de payer. En pratique, c'est souvent le fournisseur ou le créancier.

Le tiré

Celui qui doit payer à l'échéance (le débiteur). Il « accepte » la traite en la signant, ce qui l'engage.

Le bénéficiaire

Celui à l'ordre de qui la somme sera payée. Ce peut être le tireur lui-même ou un tiers désigné.

Le domiciliataire

La banque auprès de laquelle la traite est payable, identifiée par le RIB du tiré (domiciliation).

L'avaliste

Une personne qui garantit le paiement (l'« aval »). Facultatif, mais fréquent quand la banque l'exige.

Le cédant

Celui qui transmet la traite par endossement lorsqu'elle change de mains avant l'échéance.

3. Les mentions obligatoires

Pour être valable comme lettre de change, le document doit comporter :

À défaut de certaines mentions, la loi prévoit des règles de remplacement : une traite sans échéance est réputée payable à vue ; sans lieu de paiement, le lieu indiqué à côté du nom du tiré s'applique ; sans lieu de création, celui indiqué à côté du nom du tireur. Mieux vaut néanmoins tout renseigner.

4. Remplir la traite, zone par zone

Lieu et date de création

Indiquez la ville où la traite est établie et la date du jour, au format jj/mm/aaaa. Cette date sert de point de départ pour calculer une échéance exprimée « à X jours ».

Échéance

C'est la date à laquelle le tiré devra payer. Elle peut être :

Écrivez toujours l'échéance au format jj/mm/aaaa et vérifiez qu'elle est postérieure à la date de création.

Montant en chiffres

Portez le montant en chiffres, avec les millimes : en Tunisie, un dinar vaut 1 000 millimes, donc trois décimales. Exemple : 1 250,500 pour mille deux cent cinquante dinars et cinq cents millimes.

Montant en toutes lettres

Recopiez le même montant en toutes lettres : « mille deux cent cinquante dinars et cinq cents millimes ». En cas de différence entre les chiffres et les lettres, c'est le montant en toutes lettres qui l'emporte. Si le montant est écrit plusieurs fois avec des valeurs différentes, la plus petite somme est retenue. C'est la source d'erreur la plus fréquente (voir la section 6).

Bénéficiaire

Après « payez à l'ordre de », inscrivez le nom exact de la personne ou de l'entreprise qui recevra le paiement. Si le tireur se paie lui-même, on indique « à moi-même » ou son propre nom.

Tiré (celui qui paie)

Nom et adresse du tiré. C'est aussi lui qui, en signant la case « acceptation », s'engage à payer à l'échéance. Une traite non acceptée reste valable mais offre moins de garanties.

Tireur et signature

Le nom du tireur figure sur la traite, et sa signature manuscrite est indispensable : sans elle, le document n'a aucune valeur de lettre de change.

Domiciliation et RIB

La domiciliation indique la banque où la traite sera payée. Le RIB tunisien compte 20 chiffres, structurés en quatre groupes : 2 (code banque) / 3 (code agence) / 13 (numéro de compte) / 2 (clé RIB). Recopiez-le sans erreur : un seul chiffre faux empêche le paiement.

Aval

Si un aval est demandé, l'avaliste écrit « bon pour aval », suivi de son nom et de sa signature. Il garantit le paiement au même titre que celui pour qui il se porte garant.

Case « protestable »

Cochez « oui » pour conserver la possibilité de faire dresser un protêt (constat officiel de non-paiement) en cas d'impayé, ou « non » / « sans frais » pour y renoncer. Le protêt est utile pour préserver certains recours.

Valeur en

La mention « valeur en » rappelle la contrepartie de la traite (par exemple « valeur en marchandises » ou « valeur en compte »). Par défaut, on indique souvent simplement « Dinar ».

5. Bien écrire le montant en toutes lettres

6. Erreurs fréquentes qui font rejeter une traite

7. Après le remplissage

  1. Le tireur signe la traite.
  2. Le tiré l'accepte en signant la case « acceptation ».
  3. Le cas échéant, l'avaliste porte son aval.
  4. Le bénéficiaire conserve la traite jusqu'à l'échéance, l'endosse au profit d'un tiers, ou la remet à sa banque.
  5. À l'échéance, la banque présente la traite au paiement sur le compte domicilié.

8. Bon à savoir

9. Comment KEMBYELA aide

L'outil KEMBYELA affiche un aperçu fidèle de la lettre de change et place chaque information à l'endroit exact prévu par le formulaire. Il :

Prêt à préparer votre traite ?

Saisissez vos informations et obtenez un aperçu immédiat, prêt à imprimer.

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Voir aussi : Questions fréquentes sur la lettre de change.